Jacques Pugin

Porfolios

2015 Glaciers

 

Glaciers

 

Du Aletschgletscher au Rhonegletscher, en passant par le Gornergletscher vers Zermatt, Glacier de Moiry et bien d'autres encore, Jacques Pugin veut immortaliser ces forces de la nature avant qu'ils ne disparaissent à tout jamais,

 

Vu de loin, le glacier du Rhône semble d'un blanc parfait. Mais quand le photographe s’en rapproche, il découvre, au milieu du chaos de pierres et de poussières des moraines, des piles de couvertures, des planches et une échelle. Ces instruments sont prêts pour la prochaine bataille : ralentir la fonte de la glace.

 

Depuis 1950, le glacier du Rhone à perdu 350 mètres d’épaisseur et 40 mètres sur la dernière décennie.

 

Sauver le glacier ne peut que nous renvoyer au travail absurde de Sisyphe. Les mers gelées des Alpes sont perdues à jamais. L’été 2015 fut un été de record pour les amateurs de vacances mais aussi une épée de Damoclès pour nos Alpes : un seul jour de chaleur faisant perdre au glacier du Rhône de 10 à 12 cm d'épaisseur de glace. En trois semaines de chaleur consécutives, il a reculé de 6 mètres. Perte qui ne pourrait pas être compensée par les chutes de neige hivernales.

 

Le glacier qui disparait est un impitoyable processus. Une montagne qui meurt – c’est ainsi que Jacques Pugin a photographié le glacier du Rhône. Equipé d’un drone, tel un oiseau, il glisse entre les liés et les déliés, explorant agilement ces beautés naturelles. Arrivé sur le dos du glacier, il trouve la masse gelée recouverte de grands draps blancs, tels des linceuls funèbres avant l’heure.

 

Au milieu de ce théâtre d'un nouveau genre, l'échelle abandonnée au milieu des ballots de draps qui restent à déployer. Comme si dans cette scène absurde, il y avait encore une chance de remonter le temps.